

Pour la grâce des Rosenberg*.
I5 juin 1953
« Mon cher Président,
« Je reçois de nombreuses associations de patriotes, d’écrivains et de personnalités françaises, des lettres émouvantes me demandant d’intervenir auprès de M. le président des États-Unis pour qu’il veuille accorder la grâce aux époux Rosenberg.
« Ces lettres, ainsi que celles que Gallimard vient de publier des deux condamnés à mort, m’émeuvent.
« Je crois traduire les sentiments généreux et les voeux humains de la France en vous demandant — si cela vous paraît possible et avec tous les ménagements qu’exige une telle démarche auprès d’un chef d’État étranger en une telle matière — de dire de ma part à M. le général Eisenhower combien une mutation de peine serait accueillie avec satisfaction et soulagement.
« Je vous prie de lui renouveler en même temps mes sentiments d’amitié fidèle.
« Croyez, mon cher Président, à l’assurance de ma haute considération et à l’expression de mes sentiments les meilleurs. »
Signé: VINCENT AURIOL.
Monsieur Georges Bidault,
Ministre des Affaires étrangères.
* Lettre du 15 juin 1953, reproduite dans Vincent Auriol, Mon septennat 1947-1954 (notes de journal présentées par Pierre Nora et Jacques Ozouf), Collection Témoins, Gallimard, 1970.