Historique


> Les quatre naissances du CSM
> Le CSM et les magistrats du parquet
> Le CSM, organe disciplinaire
> Le CSM et le pouvoir de nomination
> La représentation des magistrats au CSM
> Le CSM et le Conseil d’Etat
> Le CSM sous la présidence de Vincent Auriol (1947-1954)
> Le CSM et le droit de grâce
> Le CSM et le garde des Sceaux
> Le CSM et l’opinion publique
> Texte 1: Vincent Auriol, Discours prononcé lors de l’installation du CSM, le 28 mars 1947
> Texte 2: Vincent Auriol,  Journal d’un septennat
> Texte 3: Charles de Gaulle, Mémoires d’espoir, t. 1 (« Le renouveau », 1958-1962),
> Texte 4: Jean Foyer, Sur les chemins du droit avec le Général. Mémoires de ma vie politique, 1944-1988
> Texte 5: Déclaration de politique générale,  discours prononcé par L. Jospin à l’Assemblée nationale (19/06/1997)
> Texte 6: Demande de grâce à Vincent Auriol
> Bibliographie
> Indications iconographiques

Demande de grâce par Vincent Auriol

Pour la grâce des Rosenberg*.

I5 juin 1953

« Mon cher Président,

« Je reçois de nombreuses associations de patriotes, d’écrivains et de personnalités françaises, des lettres émouvantes me demandant d’intervenir auprès de M. le président des États-Unis pour qu’il veuille accorder la grâce aux époux Rosenberg.
« Ces lettres, ainsi que celles que Gallimard vient de publier des deux condamnés à mort, m’émeuvent.
« Je crois traduire les sentiments généreux et les voeux humains de la France en vous demandant — si cela vous paraît possible et avec tous les ménagements qu’exige une telle démarche auprès d’un chef d’État étranger en une telle matière — de dire de ma part à M. le général Eisenhower combien une mutation de peine serait accueillie avec satisfaction et soulagement.
« Je vous prie de lui renouveler en même temps mes sentiments d’amitié fidèle.
« Croyez, mon cher Président, à l’assurance de ma haute considération et à l’expression de mes sentiments les meilleurs. »

Signé: VINCENT AURIOL.

Monsieur Georges Bidault,
Ministre des Affaires étrangères.

 

* Lettre du 15 juin 1953, reproduite dans Vincent Auriol, Mon septennat 1947-1954 (notes de journal présentées par Pierre Nora et Jacques Ozouf), Collection Témoins, Gallimard, 1970.