Historique


> Les quatre naissances du CSM
> Le CSM et les magistrats du parquet
> Le CSM, organe disciplinaire
> Le CSM et le pouvoir de nomination
> La représentation des magistrats au CSM
> Le CSM et le Conseil d’Etat
> Le CSM sous la présidence de Vincent Auriol (1947-1954)
> Le CSM et le droit de grâce
> Le CSM et le garde des Sceaux
> Le CSM et l’opinion publique
> Texte 1: Vincent Auriol, Discours prononcé lors de l’installation du CSM, le 28 mars 1947
> Texte 2: Vincent Auriol,  Journal d’un septennat
> Texte 3: Charles de Gaulle, Mémoires d’espoir, t. 1 (« Le renouveau », 1958-1962),
> Texte 4: Jean Foyer, Sur les chemins du droit avec le Général. Mémoires de ma vie politique, 1944-1988
> Texte 5: Déclaration de politique générale,  discours prononcé par L. Jospin à l’Assemblée nationale (19/06/1997)
> Texte 6: Demande de grâce à Vincent Auriol
> Bibliographie
> Indications iconographiques

Texte 3: Charles de Gaulle, Mémoires d'espoir, t. 1 (« Le renouveau », 1958-1962)

« Les mêmes épreuves nationales qui bouleversent le pouvoir exécutif et législatif n’avaient pas laissé d’ébranler le pouvoir judiciaire. Reprenant la tête, je le trouvais en pleine dépression. C’était vrai d’abord de son recrutement. Bien que le niveau d’entrée dans la magistrature ait été abaissé, il devenait impossible de pourvoir à tous les emplois et on pouvait se demander si parmi ceux qui le remplissaient, n’allait pas apparaître un lot d’insuffisants et d’incapables. En effet cette vocation par excellence honorable et désintéressée comportait peu d’avantages matériels en un temps où les affaires semblaient en offrir beaucoup. En outre, les secousses morales que les évènements avaient fait subir à un corps qui, entre tous, y est le plus sensible en diminuaient à la fois l’attrait et la cohésion. Telles étaient les conséquences accumulées des serments d’obédience imposés naguère par Vichy, des pressions qu’avaient exercé ce régime et l’ennemi pour que soient condamnés les résistants et les opposants, des sanctions prises à l’égard des juges qui n’obtempéraient pas ce à quoi avait répondu l’inévitable épuration… Une profonde réforme judiciaire s’imposait. »